Voici un article qui va bientôt avoir ses compléments, dans une série d'articles qui parlent de votre corps. Je ne prétends pas détenir la vérité absolue ni être une experte en la matière, mais je voulais partager mon expérience avec vous, au cas où il y en a que ça aiderait. 

Le but de cet article est de se sentir bien dans son corps, et avec sa silhouette.

Les troubles alimentaires, c'est quoi ?

Pour commencer, une petite introduction sur les troubles alimentaires, pour ceux qui ne connaissent pas encore. La plupart sont liés entre eux, et on trouve parfois différentes définitions pour le même mot, mais je vais essayer de vous en donner une idée:

On appelle anorexiques les personnes qui n'arrivent plus à se nourrir suffisamment. C'est différent d'une personne au régime ou de personnes qui sont maigres parce qu'elles mangent peu naturellement. C'est une maladie. Cela dit, une personne touchée par l'anorexie est susceptible de vous dire que "c'est naturel pour elle".

On appelle boulimiques les personnes qui se nourrissent en extrèmement grande quantité (rien à voir avec vous quand vous vous jetez sur une plaquette de chocolat, rassurez-vous) et qui se "purgent" pour éliminer cette nourriture avant de l'avoir digérée. Je vous passe les détails gores, il y a plein de façons de procéder, et toutes sont néfastes physiquement et mentalement. C'est une maladie, je le reprécise parce qu'il ne faut pas confondre la boulimie avec un soit-disant manque de discipline.

L'hyperphagie alimentaire c'est comme la boulimie, sauf qu'il n'y a pas de purge. Donc logiquement on grossit. Parfois, on appelle "boulimie" hyperphagie alimentaire et "boulimie-anorexie" le fait de manger beaucoup et de se purger après. Question de vocabulaire. Encore une fois, c'est une maladie. Les personnes qui sont touchées par cette maladie souffrent en général à la fois de la maladie elle-même et du regard des autres. 

Dans une moindre mesure, pas mal de gens sont sujets à la compulsion alimentaire, qui consiste à manger excessivement, sans pouvoir le contrôler. La différence avec les deux précédent est que c'est un phénomène ponctuel. Par exemple, je connais des personnes qui vont beaucoup manger (et en général d'un type d'aliment particulier, réconfortant) à l'approche d'un examen. Ce n'est pas une maladie en tant que telle, du moment que ça reste ponctuel, mais il y a un risque d'aggravation, si vous avez un stress chronique que vous n'arrivez pas à gérer par exemple.    

Enfin, il y a toutes sortes d'autres troubles, comme les personnes qui n'arrivent pas à manger un type de nourriture (par exemple des nourritures d'une certaine couleur), ou qui ont tellement peur d'être malade et de vomir qu'elles n'arrivent plus à s'alimenter, etc.

Comment savoir si je suis malade ?

Quelques démentis aux idées reçues, d'abord. Ce n'est pas parce que vous mangez trop, pas assez, mal, un certain type de nourriture exclusivement etc. que vous êtes malades. Ce n'est pas parce que vous êtes mal dans votre corps et dans votre peau que vous êtes malades. Ce n'est pas parce que vous n'êtes pas malades que vous ne pouvez pas vous améliorer. 

Quelques signes peuvent vous aider à identifier la naissance d'un trouble alimentaire: le trouble alimentaire est incontrôlable, il s'accompagne d'une immense souffrance, il engendre des comportements extrèmes qui deviennent REGULIERS, se changeant en habitudes. Comme faire 8 heures de sport pour compenser une part de tarte aux pommes, manger en entier un plat pour 6 sorti du frigo sans le réchauffer avant même si c'est dégueu, se faire vomir, etc. Si vous observez un comportement extrème chez vous, pas de panique. Par contre, il ne faut JAMAIS le laisser s'installer. Bougez-vous, demandez conseil, allez voir quelqu'un, lisez des livres sur le sujet... tout ce que vous voulez mais sortez-vous de là ! Il faut environ entre 5 et 7 ans pour se guérir d'un trouble alimentaire (pour ceux qui y arrivent), c'est très long ! Donc mieux vaut ne pas tomber dedans !

Cela dit, si vous observez que vous avez des conduites alimentaires "bizarres" ou "différentes" en cas d'évènements particuliers, comme les gens qui perdent du poids suite à une rupture ou un décès, ou ceux qui mangent beaucoup plus (ou moins) que d'habitude en période d'examen ou de stress, ne vous mettez surtout pas la pression. C'est une réaction complètement normale, et essayer de vous contrôler pour ne pas manger en entier cette plaquette de chocolat parce que vous êtes tristes n'est pas la bonne solution au problème. Sans le savoir, quand vous faites ça, vous vous faites du bien. Votre corps détecte que quelque chose ne va pas, vous perdez de l'énergie, et vous vous servez alors d'une source de plaisir, de réconfort et d'énergie pour vous aider à surmonter le problème.

Il y a deux façons de faire face à ces conduites alimentaires "compensatoires".

La première, attendre que le problème passe, comme la fin de la période d'examen par exemple. Le tout est de le faire en s'acceptant, en essayant de se sentir le moins coupable possible, en prenant encore plus soin de soi car ces comportements sont le signe que ce que l'on est en train de vivre n'est pas évident. Soyez un peu indulgent(e)s avec vous-mêmes. Faites confiance à votre corps pour revenir à votre poids initial à la fin de la période (je reparlerais de ça dans un prochain article). 

La seconde, ne pas s'empêcher de manger, mais essayer d'identifier ce qui ne va pas avant de le faire. Quelles sont les émotions que vous étouffez sous de la bonne nourriture? Tristesse, peur...? Si vous réussissez à les identifier et que vous voulez encore manger, faites-le et essayez de prendre le plus de plaisir possible, savourez chaque bouchée. Cette solution est la plus difficile, mais si votre stress ou autre émotion dure à gérer revient régulièrement, c'est la meilleure solution. Vous pouvez aussi trouver une autre manière de gérer le problème, comme voir des amis, etc.

Rappelez-vous, dans les deux cas, s'accepter (après tout, votre corps essaie de vous protéger, même si vous avez l'impression qu'il ne le fait pas) et profiter de la nourriture autant que vous pouvez. Restez cool, 90% des gens passent par là vous savez !!!!

J'ai un trouble alimentaire, que faire ?

Si vous pensez avoir un trouble alimentaire, commencez par le prendre au sérieux. Les troubles alimentaires sont à la fois un symptôme que quelque chose ne va pas, et ils génèrent de nouveaux problèmes, des problèmes de l'esprit (perte de confiance en soi, perte de repères, problèmes de communication avec autrui, etc.) et des problèmes physiques (problèmes de peaux, de cheveux, d'ongles, mais aussi problèmes au niveau des organes internes, etc.). Le plus tôt vous vous en occupez, le mieux.

Comme beaucoup de maladies graves, il est très difficile de se soigner tout(e) seul(e). Je vous recommande donc d'essayer d'en parler au moins à un médecin. L'idéal est d'aller voir une personne spécialisée dans ce type de problèmes, qui sont très spécifiques et délicats à traiter. Vous pouvez par exemple faire un tour sur le site www.gros.org (Groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids) où vous trouverez un annuaire de spécialistes. Petite précision: à moins qu'elle/il ait une formation spéciale sur le sujet, le/la diététicien(ne) ne va pas vous être d'une grande aide sur le sujet. Leurs conseils s'adressent plutôt aux personnes qui ne savent pas comment s'alimenter. Le problème d'une personne connaissant un trouble alimentaire n'est pas de ne pas savoir, mais de ne pas faire. 

La guérison des personnes ayant un trouble alimentaire est parfois liée au soutien de leurs familles, donc si vous pensez que certaines personnes dans votre famille peuvent vous aider, faites-leur comprendre que vous appréciriez un effort de leur part. Par exemple, un cas assez fréquent, celui d'une jeune fille en conflit avec ses parents qui présente des comportements boulimiques ou anorexiques. Le réflexe est de ne pas leur en parler, ils sont déjà assez pénibles à supporter comme ça. Mais c'est une erreur. Le soutien des parents augmente les chances de réussite, et les gens sont capable de changer lorsqu'ils sont confrontés à un danger pour une personne qu'ils aiment. Faites-les discuter avec le médecin. Néanmoins, essayez aussi de vous libérer des personnes qui vous enfoncent. Fuyez toutes les personnes qui vous dévalorisent gratuitement ou qui vous trouvent toujours trop grosse, etc. Ne les laissez pas prendre le contrôle de votre vie ! 

Vous trouverez bientôt sur ce site un nouvel article qui donne des conseils pour éviter de tomber ou retomber dans ce genre de problèmes, et pour avoir son corps comme allié et non plus comme ennemi !

N'hésitez pas à laisser vos commentaires, vos questions et/ou vos suggestions d'articles, ce sera toujours bienvenu ! 


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